Théâtre et opéra
Centre de Recherche de Littérature Comparée de l'Université de Provence :, Université de Provence
Date de l'événement : 4-10 juillet 2005
Contacter :
Elisabeth Rallo-Ditche
erallodi@up.univ-aix.fr
Maison de la Méditerranée et des Sciences Humaines
Les Rencontres Sainte Cécile ont pour but de réunir chaque année, durant 5 ans, de jeunes chercheurs européens travaillant en Lettres et Sciences humaines sur les rapports de la littérature et de la musique. Une problématique spécifique est envisagée chaque année. Le projet tend à établir un état de la recherche musico-littéraire, pour la période 1985-2005, et à constituer une base de données propre à ce domaine.
Il ne s'agit pas d'un colloque mais d'une semaine d'étude durant laquelle se déroulent en alternance des conférences et plusieurs séminaires, en différentes langues. A l'issue de cette manifestation, les participants sont amenés à rédiger une contribution qui articule leur propre sujet de recherche et la problématique envisagée lors des Rencontres. Les contributions font l'objet d'une publication en ligne sur le site Littérature et musique :
http://www.up.univ-mrs.fr/littemu.
Après avoir abordé la question de la citation en 2004-2005 ("Entes, citations musicales en littérature, citations littéraires en musique"), les Rencontres porteront cette année, en liaison avec le programme du Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, sur les rapports du théâtre et de l'opéra. Seront privilégiées les questions de l'utilisation et de la fonction de la musique au théâtre, du classement générique et des formes intermédiaires entre théâtre et opéra, des différences de pratiques, du point de vue de la mise en scène, dans les domaines du théâtre et du théâtre lyrique, et enfin la question du processus de l'adaptation :
matin 10h-13h : Conférence pour tous et discussion générale (dans la langue du conférencier, ou en anglais)
après-midi 16h-19h : Séminaires (dans la langue du conférencier, ou en anglais)
(Trois séminaires se dérouleront en parallèle. Les participants sont tenus d'en suivre deux.)
Soirées au Festival d'Aix
Bilan des séminaires, choix des travaux, discussion pour l'année suivante Dimanche 10 juillet : départ des participants, dans la matinée.
Présentation détaillée du programme scientifique :
« L'opéra est un théâtre, mais il relève aussi du spectacle au sens où ce terme désigne un étalage, un impératif d'exhibition et un assujettissement à l'extériorité » écrit Catherine Kintzler dans Théâtre et opéra à l'âge classique, Une familière étrangeté (Fayard 2004). L'auteur poursuit : « L'opéra est à la fois un hyper-théâtre et un hypo-théâtre, un théâtre monstrueusement révélé, mais aussi un théâtre ridiculisé et désavoué ». En quoi l'opéra et le théâtre reposent dès leur naissance sur des poétiques et des techniques antithétiques et complémentaires, en quoi l'une des deux scènes peut constituer la caricature et la critique de l'autre tout en s'en inspirant, enfin, en quoi l'opéra peut répondre à des impératifs de théâtralité propres, voire créer un espace théâtral autonome : telles sont les pistes de recherche que les « Rencontres Sainte Cécile » souhaitent explorer durant l'été 2005.
Au regard de la programmation offerte par le Festival d'art lyrique d'Aix-en-Provence, une telle orientation thématique semble en effet s'imposer. Sont ainsi proposées des ?uvres tirées de pièces de théâtre prestigieuses (Le Barbier de Séville de Rossini, d'après Beaumarchais ; Julie de Boesmans, d'après Strindberg), des opéras dans lesquels la musique est précisément réputée pour son fort coefficient de théâtralité (Così fan tutte de Mozart, à nouveau Rossini), enfin des ?uvres qui, par leurs spécificités génériques, amènent à s'interroger sur quelques aspects particuliers des liens complexes que tissent théâtre et opéra (le genre fantastique pour Le tour d'écrou de Britten induit certaines contraintes dramaturgiques et scéniques ; le genre seria pour La Clémence de Titus de Mozart pousse à s'interroger sur le fonctionnement des codes théâtraux propres à l'art lyrique). Surtout, l'affiche du Festival 2005 offre deux événements exceptionnels : la mise en scène de Così fan tutte par Patrice Chéreau, et la création de Julie, fruit de la prestigieuse collaboration entre Philippe Boesmans et Luc Bondy. Pourquoi Patrice Chéreau, homme de théâtre qui s'est occasionnellement -et exemplairement- tourné vers la scène lyrique, a-t-il choisi cette ?uvre, réputée pour sa passionnante et problématique artificialité (« Je considère Così comme non viable sur une scène de nos jours » avançait déjà Hanslick en 1875), et comment en relèvera-t-il les différents défis ? Pourquoi, après un demi-siècle de recherches formelles qui ont mené la création lyrique loin du grand répertoire théâtral institutionnalisé, Boesmans et Bondy ont-ils choisi cette pièce de Strindberg ? Comment s'inscrit-elle dans leur propre démarche créatrice, qui fait la part belle aux grands textes (Schnitzler, Claudel, Shakespeare, etc.) et dans un contexte plus général de réhabilitation du « classique de théâtre » sur la scène lyrique (Tchékhov, Genet, Mishima, etc., ont les faveurs de la création contemporaine) ? Ce sont quelques unes des questions que soulèvent ces deux temps forts de la future saison.
Ces différentes interrogations théoriques sur la supposée théâtralité naturelle des différentes ?uvres proposées, ainsi que sur leur mode de fonctionnement, sont en outre inséparables d'une réflexion pratique sur ce que pourrait être leur concrétisation scénique : les choix de mise en scène et de scénographie -qu'ils illustrent, augmentent, brisent ou redéfinissent cette théâtralité première- prennent en effet ici une valeur toute particulière puisqu'ils engagent rien moins que la matérialité et la contingence du théâtre elles-mêmes. La prise en compte concrète de ce qui donne vie aux « planches », l'étude de la « fabrique », du « théâtre à l'état naissant », constitueront alors cette année un terrain d'investigation privilégié. A partir de ces axes de recherche, on s'emploiera donc à placer sous un nouveau jour l'un des plus mystérieux paradoxes inhérents au théâtre lyrique, paradoxe jouissif que résume parfaitement ce propos de Théophile Gautier : « Le charme principal de l'Opéra, charme dont on ne se rend pas compte, et qui le fait demeurer debout entre les ruines des autres théâtres, c'est que nulle part la convention n'est aussi forcée ni aussi éloignée de la nature. »
Participants :
Equipe de Direction, centre de Recherche de Littérature Comparée de l'Université de Provence :
30 étudiants ou doctorants, ou post-doctorants européens, choisis par l'équipe, sur dossier, au mois de mars.
Une personnalité du monde artistique pour la 1ère conférence : Patrice Cherreau (sous réserve).
Trois conférenciers :
Trois enseignants pour les séminaires :
Recrutement des participants :
Diffusion du programme au mois de Novembre 2004 sur des sites Littérature et musique en Europe. Les demandes d'inscription (Nom, Prénom, coordonnées, bref curriculum vitæ, domaine de recherche, lettre de motivation) sont à transmettre aux organisateurs avant la fin du mois de février ( Elisabeth Rallo Ditche : erallodi@up.univ-aix.fr ; Aude Locatelli : aude.locatelli@up.univ-aix.fr ). Recrutement, sur dossier, au mois de mars.
Voyage et places de Festival aux frais des participants Prise en charge des conférenciers : Voyage, hébergement et places au Festival