EA 3483 « Poétiques modernes comparées », Université de Paris XII-Val de Marne
Faculté des Lettres
Date de l'événement : 2-3 avril 2004
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S. Jouanny
« Nous, qui sommes si modernes, serons anciens dans quelques siècles », écrivait déjà La Bruyère. Dans cette inflation de mots dérivés de « modernes » qui dénotent autant de crises de croissance que de mouvements esthétiques datés ou indatables, la « modernité » na rien à envier La Vie; de Georges Perec : elle nécessite un mode demploi. Où en est-on et comment en est-on arrivé là ? Le discours critique prolifère sur la définition, butant parfois sur cette aporie : loeuvre moderne fournit son propre mode demploi. Aristote est-il un moderne, lui qui dépasse le dualisme de léternel et du temporel pour considérer le monde des êtres en devenir ? Ou bien la modernité commence-t-elle avec Baudelaire, puis Rimbaud, avec ce mot dordre : « Il faut être absolument moderne » ?
Le concept de « modernité » est la face émergée de liceberg : positions et principes esthétiques autant que philosophiques et épistémologiques en font le maître-mot de querelles ponctuelles ou durables ; textes et oeuvres dart lillustrent, linfléchissent ou le jettent après emploi. On est moderne ou on nest pas, et le mot labellise toute une constellation de normes, dont normalité ou déviance, socialité ou marginalité, art ou décadence. La fortune du mot est assurée, en tout cas : toujours de mode, en proportion de son mystère !
Cest donc moins sur la notion de modernité elle-même que sur son instrumentalisation que sinterrogera ce colloque. Celui-ci portera essentiellement sur lEurope et privilégiera lapproche transdisciplinaire de littéraires, philosophes, historiens, plasticiens, critiques dart.
Axes de recherche : -problèmes de définition ou avatars dune notion -théories et théoriciens de la modernité -positions et principes : oeuvres de la modernité -arts et modernité(s) : « non nova, sed nove » ?