Société d'Etude de la Littérature Française du XXe Siècle

Parution : Esthétiques de l'invective

Marie-Hélène Larochelle, Esthétiques de l'invective, Etudes littéraires, numéro vol. 39, n° 2, hiver 2008.

Le titre du présent dossier a de quoi intriguer. Il fait résonner deux forces qui, dans leur nature, paraissent s'opposer, celle de l'harmonie et celle de la discorde. Effet de provocation ou effet de sens, postulat ou prise de position, cette association envisage la violence comme une dynamique fertile dont les rebondissements animent l'écriture et dont les affects – l'éthos et le pathos – passent aisément dans le discours littéraire. La littérature, mue par l'invective, s'emballe jusqu'à atteindre une vitesse qui offre un nouveau point de vue sur la réalité. Ainsi emportée (comme on l'est par un transport et par une humeur), l'écriture véhicule des images dont les contours ne correspondent plus aux attentes de la représentation. La violence verbale est postulée comme une composante sociale essentielle qu'il importe d'interroger au même titre que les autres unités jugées plus justes (comme le folklore ou les cérémonies, par exemple). La transitivité de l'invective repose sur un fantasme de rapprochement, aussi cette violence est-elle pensée comme une forme de communication, qui participe à la définition et à l'affirmation d'un « moi social », oblique, transgressif et, de ce fait, fascinant.

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